FAQ Métier Traducteur

Depuis plusieurs années, je réponds volontiers aux questions des apprentis traducteurs et des personnes qui souhaitent devenir traducteurs ou traductrices. J’ai donc compilé toutes les questions que l’on me pose souvent sur la traduction et sur le métier de traducteur.

Qu’est-ce qu’un traducteur ?

Le métier de traducteur désigne le professionnel qui traduit des documents écrits de la langue source (anglais par ex.) vers la langue cible, sa langue maternelle.

Quel statut choisir pour devenir traducteur ?

Le meilleur statut pour devenir traducteur est celui de micro-entrepreneur (anciennement autoentrepreneur). Pour ce faire, vous devez vous rendre sur ce site de l’URSSAF.

Que pourrai-je traduire ? Des livres ? Des articles ? Des sites internet ? Des notices ?

On peut traduire des notices, des guides d’utilisation, des présentations PowerPoint, des sites Web, des brochures commerciales, des livres blancs, des emballages de produits, des logiciels, des livres, des romans, des guides pratiques, des e-mails, des catalogues…

Combien de mots par jour un traducteur traduit-il ?

Un traducteur traduit entre 2 000 et 3 000 mots par jour. Un relecteur relit entre 8 000 et 10 000 mots par jour. Un post-éditeur traduit entre 4 000 et 5 000 mots par jour (relecture de la machine).

Qu’est-ce qu’un traducteur assermenté ?

Un traducteur assermenté est un traducteur qui a été certifié par une cour d’appel et qui est habilité à traduire des documents et actes officiels. La traduction effectuée par un traducteur assermenté a donc une valeur officielle, tout comme l’original.

Dois-je choisir une spécialité, ou traduire un peu de tout ?

Oui, il est préférable de nicher votre activité dès le départ pour mieux trouver vos clients, et qu’ils arrivent plus facilement à vous trouver. Vous ne pouvez pas être l’expert de tous ! Mais rassurez-vous, vous pourrez changer plus tard.

Comment me faire connaître en tant que traducteur ?

Vous avez forcément un réseau, donc dans un premier temps, utilisez votre cercle de connaissances et faites connaître vos nouveaux services de traducteur à ces personnes. Le bouche-à-oreille marche très bien dans le milieu de la traduction. Ensuite, publiez des profils de traducteurs sur les annuaires de traducteurs en ligne, LinkedIn, les sites de mises en relation entre clients et freelances. Montez un site vitrine, publiez quelques articles, et partagez-les. Vous devrez persévérer pour réussir. Cette mission ne se fera pas du jour au lendemain.

Qui démarcher ? Pros ? Particuliers ?

Cela dépend de votre cible. Si vous souhaitez traduire en tant que traducteur assermenté, vous aurez besoin de particuliers qui vous téléphoneront tous les jours pour traduire des documents officiels. Et pour des missions ponctuelles. Mais si vous traduisez pour des pros, le mieux est de vous faire connaître sur le net. De vous inscrire à différentes plates-formes et de faire du marketing. Ne vous dispersez pas forcément sur tous les réseaux, choisissez-en un et faites-le bien. Vous pouvez commencer par envoyer votre CV à des agences de traduction, et proposer de passer des tests pour vérifier votre niveau de qualité.

Site Internet ? Flyers ? Cartes de visite ? Réseaux sociaux ? Article dans le journal local ?

Tout professionnel se doit d’avoir un site vitrine, même si certaines personnes pensent que cela ne sert à rien. Je trouve cela un peu « petit » de ne pas avoir de site quand on est un professionnel. Une fois votre site en place, vous devrez travailler votre SEO (référencement), donc publier du contenu de qualité pour plaire à Google, et obtenir des liens entrants vers votre site. En gros, plus on parle de vous sur le net, plus Google vous appréciera et vous mettra en avant dans ses résultats de recherche. Mais vous pouvez vous passer de ces efforts, et faire de la pure prospection à froid en proposant des traductions remisées pour les premières commandes. Gagnez la confiance des prospects, et ils deviendront vos clients.

Combien gagne un traducteur ?

Le salaire dépend du type de clients (ils paient plus ou moins bien), du couple de langues et du nombre de mots traduits chaque mois. Plus on travaille, plus on gagne. Cette question c’est comme demander à un plombier quel est son salaire. Cela dépend ! Mais en général, on peut dire entre 2000 et 4000 euros nets par mois. Le traducteur exerce en libéral, il cotise donc à l’URSSAF et doit payer environ 30 % de charges. Il est payé au mot, entre 6 et plus de 20 centimes. Il traduit entre 1 500 et 3 000 mots par jour. Toutes ces différences montrent bien qu’il n’y a pas un salaire fixe par traducteur. Chaque traducteur travaille différemment et reçoit une rémunération en conséquence.

Comment évaluer mes futurs revenus ? Comment monter un plan pour mon budget ? Quelles seront mes charges ?

Avant de gagner votre vie, comptez au moins six mois voire un an. Le plus difficile dans la traduction est de faire sa place. Donc avant de vous lancer, veillez à avoir un bon bagage de sécurité pour payer votre loyer et vos factures ou une aide financière. Vous pouvez bénéficier de l’aide aux créateurs d’entreprise si vous êtes chômeur. Cette aide vous permet de payer moins de charges les trois premières années. En ce qui concerne votre budget, vous devrez avoir un compte séparé pour votre facturation. Vous vous verserez chaque mois le montant net de vos factures encaissées, et vous laisserez sur votre compte distinct professionnel les charges à régler chaque trimestre à l’URSSAF. Les impôts sur le revenu sont automatiquement prélevés également chaque trimestre, sous réserve d’avoir opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

Aucune charge à prévoir, si ce n’est votre matériel, votre connexion Internet et quelques logiciels. N’oubliez pas aussi de régler la taxe CFE (taxe professionnelle) à votre mairie. Son montant varie en fonction des communes.

Avec quels logiciels travailler ?

Les outils de traduction sont devenus indispensables si vous travaillez avec de vrais professionnels de la traduction (mais pas avec des particuliers). Le plus connu est SDL Studio, puis vient MemoQ et enfin Memsource. Pour commencer, il vaut mieux choisir SDL Studio qui est le plus utilisé par les agences de traduction. Souvent, les agences ou les clients de traduction vous imposent un logiciel et vous offrent la licence. Mais ce n’est pas toujours le cas, notamment avec SDL Studio.

Quelle marque de dictionnaire est recommandée ?

Les dictionnaires comme dans le passé sont devenus obsolètes. Aujourd’hui, on utilise plutôt des sites comme Wordreference, des outils de traduction comme Deepl, ou des bases terminologiques comme Termium.

Dois-je forcément avoir un diplôme de traducteur ?

Le métier de traducteur n’est pas réglementé. Néanmoins il est préférable d’avoir des diplômes, en traduction (niveau master), ou dans le domaine de spécialité (juridique, médical, technique…). Il existe aussi des écoles spécialisées (l’ISIT et l’ESIT). Le master de traduction s’obtient dans une université. C’est un master professionnel, c’est-à-dire qu’il est censé former à un métier. Il dure deux ans, avec deux stages en entreprise (un de deux mois en master1 et un de 5 à 6 mois en master 2). C’est très enrichissant. On apprend à se servir des logiciels de traduction, à faire des recherches terminologiques et bien sûr à traduire. On peaufine un peu ses compétences à l’écrit et à l’oral (peut-être pas assez malheureusement). Je recommande cette filière !

Il est possible de devenir traducteur fonctionnaire de l’Union européenne, de l’ONU, ou même de différents ministères. Il faut s’inscrire aux concours. Pour en savoir plus sur cette question, consultez cet article sur comment devenir traducteur sans diplôme.

Comment trouver mes clients ?

Il faut trouver des clients donc avoir des compétences commerciales. Il faut savoir se vendre. C’est assez difficile de faire la différence. Mais à force de persévérance et à condition de fournir un travail de qualité, on y arrive. La compétition est féroce entre les traducteurs de plus en plus nombreux sur le marché. Mais les clients luttent pour trouver les perles rares. En d’autres termes, ce n’est pas sur le prix que l’on peut se distinguer, mais bien sur la qualité de la prestation que l’on va offrir au client. Pour plus d’informations, consultez cet article.

Comment facturer mes clients si j’en ai ?

Mes clients sont réguliers donc en général, ils m’envoient un bon de commande pour une traduction. J’exécute le travail, leur livre dans le délai imparti. En fin de mois, j’établis une facture mensuelle de tous les travaux exécutés au cours du mois. Le client doit me payer sous 30 jours (donc si je traduis en décembre, on me paie fin janvier). Pour mes factures, j’ai un modèle que l’on peut trouver sur Internet. Une fois créé, je le réutilise chaque mois, en changeant les données. J’ai également un fichier de suivi du chiffre d’affaires, pour vérifier qu’on me paie bien chaque facture, et pour effectuer le suivi des montants déclarés aux URSSAF.

Existe-t-il des correcteurs qui corrigeraient mes traductions ?

Oui, j’utilise personnellement Antidote. Je le couple à Word. Et aussi, il existe des logiciels de contrôle-qualité qui vérifient si on ne s’est pas trompés sur les chiffres, la ponctuation, la cohérence des phrases au sein du projet, ou si la terminologie du client a bien été respectée. Un exemple de ce type de logiciel : Xbench.

Est-il possible de commencer tranquillement en effectuant quelques piges par-ci, par-là ?

Oui, sur des plates-formes de freelancing telles que Malt ou Fiverr. Moins si vous travaillez avec de vrais professionnels de la traduction, qui exigent une présence et une disponibilité régulières avant de vous faire confiance.

Suis-je cantonné à traduire uniquement vers ma langue maternelle ?

Les gens sont souvent déçus quand on leur dit qu’on traduit vers le français. Un traducteur professionnel traduit toujours vers sa langue maternelle, c’est dans le code de déontologie des traducteurs. C’est bien simple, le jour où vous souhaitez que votre livre soit écrit en anglais, quoi de plus naturel que de faire appel à un anglais ? C’est pareil pour le français. Pour que le texte restitué soit parfait, rien de tel qu’un natif.

Quel est le salaire horaire ?

Cela dépend encore une fois du nombre de mots que vous traduisez par heure. Un traducteur traduit environ 2 500 mots par jour. Le tarif horaire oscille entre 20 et 50 euros. Pour comparer, un traducteur professionnel gagnera moins qu’un copywriter, mais environ pareil qu’un rédac Web.

Les deadlines des clients sont-elles serrées ou a-t-on le temps de bien faire ?

Non, en général les deadlines sont serrées, c’est-à-dire qu’elles sont calculées en fonction de métriques courantes pour la traduction, à savoir un travail du lundi au vendredi, à raison de 2 500 mots par jour en traduction, 5 000 mots par jour en post-édition, 8 000-10 000 mots par jour en relecture. Après, il y a des missions moins urgentes, notamment la traduction d’articles de blogs ou de magazines, dont la parution est souvent prévue le mois suivant.

La relation avec les clients est-elle saine ?

La traduction n’est pas une science exacte. Quand on écrit un texte, on y met de sa personne. Et cela ne plaît pas forcément au client, qui a une histoire, des émotions, des connaissances tout à fait différentes. Il arrive parfois que le client n’ait pas aimé ma traduction. Il faut l’accepter et ne pas prendre ses remarques personnellement. C’est  l’occasion d’améliorer sa technique (quand la critique est justifiée bien sûr). Et comme toute profession indépendante, il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Donc diversifier ses clients, et leur typologie, pour avoir moins de risques de perdre tout son travail du jour au lendemain en cas de pépin. Voici un article sur les différences entre les cabinets de traduction, les agences de traduction et les sociétés de traduction.

J’ai passé quelques années à l’étranger, puis-je devenir traducteur ?

Cela n’a rien à voir, mais si la question est « Je parle très bien une langue étrangère, puis-je devenir traducteur ? », la réponse est « Absolument ». Si vous êtes motivé et passionné, et que vous avez la fibre commerciale, évidemment vous pouvez devenir traducteur professionnel. Cela ne se fera certainement pas du jour au lendemain, car vous devrez apprendre à maîtriser les outils de traduction, à connaître les techniques de traduction (que l’on appelle « traductologie ») et à savoir comment exploiter le filon de la traduction automatique (machine translation). Vous devrez ensuite trouver vos clients sans diplôme de traduction, mais si vous avez un bon profil, et que vous réussissez des tests de traduction, le champ des possibles vous est ouvert. Le métier de traducteur n’est pas plus sorcier qu’un autre. Il suffit d’apprendre.

Est-ce que la demande est supérieure à l’offre ?

Oui. C’est pour cette raison d’ailleurs que les grandes entreprises investissent en masse dans la traduction automatique. Car de toute évidence, il n’y a pas assez de traducteurs pour traduire les tonnes de textes disponibles dans le monde entier. Forcément, on a besoin d’aller plus vite, et forcément, on a besoin des ordinateurs pour cela. Donc oui, la demande est supérieure à l’offre, mais attention. Si vous voulez vivre décemment de la traduction, vous devrez sortir du lot. Proposer de la qualité, et vous rendre soit unique, soit indispensable à vos clients. Pour cela, deux choix : soit vous choisissez de traduire une langue rare, soit vous choisissez de traduire un domaine de spécialité plus niché. Mais pas trop quand même, pour pouvoir avoir suffisamment de clients et de missions chaque mois.

Quels types de travaux de traduction sont ouverts aux novices ?

En général, on peut commencer par traduire des contenus Web. Vous pouvez traduire des contenus de sites Web, des publicités, des notes de cours, des devoirs ou des brochures. Tout ce qui n’est pas forcément publié sur papier. Publiez votre annonce sur un site comme Fiverr. Certes, vous n’allez pas devenir riche sur ce genre de plate-forme, mais cela peut vous permettre de vous faire la main et d’arrondir vos fins de mois. Ce sont des missions en général qui sont ponctuelles, courtes, et pour le compte de particuliers ou de solopreneurs.

Le métier a-t-il de l’avenir au vu des IA ?

Oui, Google traduction et les autres machines du genre veulent remplacer le traducteur humain qui coûte cher et qui est lent. Je n’ai pas peur car la traduction automatique (de Google donc) a toujours besoin d’une relecture exécutée par nos soins pour qu’elle soit correcte.

Je suis très contente que Google nous remplace pour les tâches de traduction ingrates comme celles de certains manuels ou contrats, mais les traductions créatives, idiomatiques et stylistiques ne pourront jamais être remplacées par Google. La traduction automatique s’appuie sur des faits. La traduction humaine, sur des pensées. Cela étant, la traduction automatique a nettement progressé ces dernières années, et elle est un outil pour le traducteur. Elle me permet d’être plus efficace, de me mâcher le travail en quelque sorte. J’ai plus de temps pour améliorer ma traduction. Donc c’est une bonne chose.

Mieux vaut traduire vers le français depuis la France, ou depuis l’étranger ?

Pour des clients particuliers, il n’y a pas de doute : mieux vaut séjourner à l’étranger dans un pays qui parle votre langue source. Par exemple, si vous traduisez de l’anglais vers le français, et que vous vivez aux États-Unis, c’est une aubaine pour répondre aux demandes des particuliers. Par contre, si vous travaillez avec des professionnels, cela ne fait pas vraiment de différence. Tout se fait virtuellement maintenant, d’autant plus depuis la pandémie.

Quelle langue de traduction est la plus demandée ?

Pour le français, c’est l’anglais qui vient en tête. Par exemple, je traduis rarement en italien.

Combien de clients me faut-il pour bien gagner ma vie ?

Cela dépend du travail qu’ils vous fournissent, et de la typologie des clients. Un client direct peut vous envoyer un article de blog à traduire une fois par semaine ou par mois, lorsqu’une agence de traduction peut vous envoyer du travail tous les jours, et même plus que votre capacité. En général, le traducteur travaille avec moins d’une dizaine de clients. Car il n’est jamais bon de refuser du travail, et on ne peut pas se dédoubler !

Quelles sont les qualités indispensables pour devenir un traducteur ?

Curiosité, rigueur et capacité à travailler en autonomie. Le métier de traducteur est un métier solitaire. On passe sa journée devant l’ordinateur, comme un écrivain. Ce qui ne plait pas forcément à tout le monde. Il faut aussi savoir très bien écrire dans sa langue maternelle.

Quels sont les métiers qui dérivent de la traduction ?

La traduction, c’est déjà plusieurs métiers à la fois. Traduire, relire son travail, réviser le travail d’un autre traducteur, faire des recherches terminologiques, se spécialiser dans un domaine particulier, prospecter (chercher de nouveaux clients). Pour évoluer, on peut devenir aussi copywriter, rédacteur Web, référenceur SEO, terminologue, community manager, prof de langues, etc.

Est-ce que l’on peut parler de vocation ?

C’est une vocation depuis le lycée. J’étais passionnée par la littérature et les voyages. Le métier de traducteur me permet de voyager par l’écriture. Le métier de traducteur fait partie des métiers-passions. Mais aujourd’hui, c’est aussi un métier qui a largement évolué depuis l’apparition de la machine translation. Nous sommes outillés et donc le métier est beaucoup moins créatif et libre qu’auparavant. On travaille beaucoup sur logiciel, ordinateur et dans le Cloud. On ne peut pas y échapper, et c’est une évolution à prendre en compte si on envisage de faire ce métier.