traducteur sans diplôme

Devenir traducteur sans diplôme : le guide pratique

Comment devenir traducteur sans diplôme ?

Dans cet article, je vais vous montrer comment devenir traducteur professionnel, sans être passé par une école de traduction.

Devenir traducteur sans diplôme : Les diplômes de traduction n’existent que depuis les années 2000

Pour commencer, nous allons déjà tordre le cou à une idée reçue : les diplômes de traduction n’ont pas toujours existé. Vous pouvez devenir traducteur sans diplôme de traduction.

Auparavant, les traducteurs étaient diplômés dans d’autres disciplines, dans lesquelles ils étaient spécialisés. Par exemple, pour devenir traducteur professionnel spécialisé en mathématiques, il fallait avoir un diplôme de mathémathiques.

Les masters de traduction ont fait leur apparition au début des années 2000, au même moment où les logiciels de traduction sont nés.

Face à cette évolution technologique, les traducteurs devaient acquérir des compétences techniques inédites, et pour répondre à cette évolution, les écoles et universités ont commencé à livrer des diplômes professionnalisants pour devenir traducteurs.

Cette situation explique pourquoi aujourd’hui une grande partie des traducteurs ne sont pas diplômés en traduction. Mais chacun a une spécialité, une valeur à apporter à un marché.

Un traducteur pour chaque marché

Chaque personne est unique et chaque personne a son propre style, sa propre histoire, sa propre expérience.

J’ai donc coutume de dire que les traducteurs ne sont jamais des concurrents. En effet, il est impossible d’offrir des prestations de services identiques.

Pareil pour la qualité.

Un traducteur d’exception peut proposer des tarifs de fou, alors qu’un débutant ou un traducteur moyen peut se contenter de tarifs plus dociles.

Le marché de la traduction est un marché comme un autre. Il y en a pour tous les goûts.

De plus, avec le caractère international de ce marché, de nombreuses agences de pays exotiques ont commencé à grignoter des parts de marché et à demander des prix dérisoires.

Du coup, en traduction, vous avez tout et n’importe quoi. Si vous jetez un œil aux annonces de Proz, l’annuaire international des traducteurs en ligne, qui contient de nombreuses offres d’emplois pour traducteurs, vous verrez des propositions de tarifs ridicules.

C’est la loi du marché.

Mais l’avantage, c’est que le traducteur ne traduisant que vers sa langue maternelle, vous ne risquez pas d’être trop embêté par des traducteurs pas chers venus du bout du monde : les français natifs au Pakistan ou en Chine ne courent pas les rues.

Pour en revenir à la singularité qui nous caractérise tous et toutes, vous devez donc maintenant trouver la spécificité qui va vous démarquer des autres : quels diplômes possédez-vous ? Combien d’années d’expérience ? Quel loisir original pratiquez-vous ? êtes-vous spécialiste d’un domaine particulier ? Maîtrisez-vous une langue rare ?

Vous voyez, vous pouvez devenir traducteur sans diplôme, pourvu que vous ajoutiez de la valeur à votre client sur un autre aspect.

De toute manière, les agences de traduction ou clients directs raffolent des traducteurs ayant un diplôme dans un domaine professionnel dans lequel ils vont se spécialiser pour la traduction.

Autrement dit, chaque traducteur traduit dans un domaine de spécialité (immobilier, sciences naturelles, pharmacie, sport, etc.) dans lequel il est bon.

De votre côté, vous devez trouver cette spécificité et la mettre en avant sur votre CV, dans vos profils ou lorsque vous allez démarcher les clients.

Si on vous demande pourquoi vous êtes devenus traducteur, indiquez vos vraies raisons qui vous motivent.

Mais attention à ne pas tomber dans le piège du traducteur qui se lance : il existe des domaines déjà surchargés. Prenons le cas de Netflix, par exemple. Il y a quelque temps, le service de vidéo à la demande avait sorti une plate-forme destinée à recruter des traducteurs pour traduire les sous-titres de ses séries et autres programmes originaux.

À ce moment-là, le monde entier rêvait de traduire pour Netflix. Quelques mois plus tard, la plate-forme a fermé. Victime de son succès. Les candidats s’étaient présentés en masse, ce qui produisit de gros problèmes de logistique.

Gare à vous lorsque vous choisirez une spécialité : tout le monde aime les séries, tout le monde propose de traduire des documents en informatique, ou en tourisme.

Vous souhaitez percer ? Alors, commencez par trouver une niche.

Cela peut être une langue plus rare que l’anglais, un domaine bien particulier comme le golf, l’architecture ou la botanique. Par exemple, moi j’ai choisi de me spécialiser en italien et en revêtements intérieurs (pierre naturelle, carrelage, marbre), car il y a un gros marché en Italie. Jouez la carte de l’originalité, mais derrière, assurez-vous d’avoir le bagage nécessaire pour fournir du travail de qualité.

Les mains dans le cambouis

Maintenant que vous avez trouvé votre domaine de spécialité en lien avec votre propre expérience et vos diplômes, vous allez vous attaquer à une étape cruciale : la maîtrise des outils de traduction.

Souvent, sur Internet, je lis que pour devenir traducteur professionnel et vivre en tant que digital nomade, il suffit de connaître une langue (l’anglais) et de bien écrire français.

Balivernes !

Ce n’est pas si simple que cela.

Pour exercer en tant que traducteur aujourd’hui (et je parle bien d’aujourd’hui, pas comme Saint-Jérôme lorsqu’il a traduit la Bible), vous devez avoir des compétences techniques obligatoires : c’est-à-dire savoir vous servir de logiciels de traduction, ou logiciels de « TAO ».

Pour cela, vous pouvez commencer par installer une version d’évaluation d’un logiciel de traduction (le plus connu étant SDL Studio).

Ensuite, à la guerre comme à la guerre : lisez le manuel d’instructions, ou regardez des vidéos en ligne.

Cette étape est très complexe, et pas la plus sexy, je vous l’accorde.

D’ailleurs, c’est ce qu’on apprend la première année de master de traduction à l’Université.

Il y a des concepts clés à connaître (les mémoires de traduction, les bases terminologiques, la segmentation des fichiers, etc.) et cela ne s’invente pas.

Rassurez-vous de nombreuses ressources existent sur Internet pour apprendre à utiliser ces outils de traduction.

Traducteur professionnel débutant : Se jeter dans la gueule du loup

Vous avez défini vos compétences et vous avez appris à utiliser les outils de traduction du marché.

Vous allez devoir démarcher vos premiers clients.

Pour cela, vous devez :

  1. Créer votre CV de traducteur. Prenez soin de mettre en avant vos langues de travail, vos domaines de spécialité et les points forts de votre carrière ou vie personnelle. Ces points doivent avoir un lien avec vos domaines de spécialité (expérience en entreprise, diplômes, etc.). Pour rappel : un traducteur professionnel traduit toujours vers sa langue maternelle (le français donc pour nous, si vous lisez ce blog :). Sachez que les clients reçoivent des sollicitations en tous genres tous les jours, alors soyez bref. Essayez également d’envoyer un CV joli, que vous pourriez créer à partir d’un modèle (même gratuit) sur Canva, par exemple.
  2. Vous rendre sur une plate-forme de traducteurs (la plus connue étant www.proz.com). C’est un site sur lequel des offres de traduction dans toutes les langues et toutes les spécialités sont postées chaque jour. Vous pouvez y créer un profil et commencer à démarcher les agences de traduction.
  3. Vous inscrire sur un site de mise en relation entre freelance et clients (comme sur www.malt.com)
  4. Contacter directement des entreprises qui pourraient être intéressées par vos services. Cela peut se faire à l’échelon local, national ou international, en fonction de votre spécificité (comme vu au premier point). Le plus efficace pour se faire un nom est d’utiliser votre réseau, les recommandations. Analysez vos contacts, et essayez de trouver des clients potentiels.

Je vous ai concocté une liste de 20 clients en traduction à contacter pour trouver du travail en traduction. Pour accéder à cette liste, rendez-vous ici !

Devenir traducteur et recevoir ses premiers sous

Viendra le jour où vous aurez dégoté votre premier contrat. Et là, vous serez tellement heureux que vous sabrerez le champagne le soir-même ! Croyez-moi je suis aussi passée là 🙂

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je n’avais pas encore terminé mon stage de fin d’étude que j’avais déjà commencé à démarcher les agences.

Et un mois après, une agence m’a répondu : un contrat à 4 chiffres, je n’en revenais pas !

J’étais si fière, j’ai annoncé la nouvelle à tous mes contacts, c’était un beau moment.

Mais attention : le taux de conversion en traduction est très faible : de l’ordre de 3 à 5 %. Autrement dit, vous allez devoir contacter de nombreux prospects avant d’obtenir une réponse favorable. Ce n’est pas facile à entendre, je vous l’avoue.

Mais c’est le prix à payer pour devenir traducteur sans diplôme sur le Web.

Ne vous inquiétez pas, tout le monde passe par là.

C’est une étape pénible à passer, mais vous verrez, bientôt, si vous faites du bon travail et que les clients sont satisfaits, vous n’aurez plus besoin de prospecter. Harmonie, traductrice freelance professionnelle, l’explique très bien dans son billet sur la prospection commerciale.

En conclusion, si vous êtes salarié ou si vous n’avez pas de travail, si vous avez une spécificité dans votre parcours que vous pourrez vendre à des clients, et si vous maîtrisez bien une langue étrangère et le français, alors vous pouvez devenir traducteur professionnel et commencer à chercher vos premiers clients.

Lorsque l’on décide de se reconvertir, le plus dur est de déjouer les obstacles, de ficeler une stratégie et de commencer à agir.

Nous passons beaucoup de temps à lire les blogs, à nous questionner et donc à procrastiner, et c’est humain. Mais si vous voulez vous lancer dans l’aventure, croyez-moi que votre ennemi n’est pas forcément qui vous croyez : c’est bien vous !

Persévérez dans votre projet et vous y arriverez.

Bonne chance à tous les traducteurs débutants !

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À propos de l'auteur

Hello, je m'appelle Maéva, je suis traductrice freelance depuis 2010. Dans la vie, j'aime écrire, lire, travailler le piano et donner des conseils.

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